CHINOIS.ORG   l'écriture chinoise



écrire le chinois


Un signe chinois (un sinogramme) représente généralement à lui seul un mot.

Au fil du temps (l'écriture chinoise a 5.000 ans!) bien que leur graphie ait pu parfois évoluer, la signification de chaque sinogramme n'a pas changé. Et quelle que soit la manière dont il sera prononcé, à Beijing, Shanghai ou Hong Kong, sa signification sera identique. Ce qui explique pourquoi l'écriture a été un vecteur fondamental  de l'unification de la Chine.

parler Chinois

En Mandarin, aux 50.000 sinogrammes ne correspondent que 400 sons/syllabes .... alors attention aux homonymes! La langue chinoise est de ce fait une source de quiproquos et de jeux de mots inépuisable.

Les tons appliqués à chacun de ces sons, au nombre de 4 (en ce qui concerne la langue officielle), multiplient heureusement ce nombre .... à condition que notre oreille occidentale en saisisse la musique. Le premier ton est un ton égal: c'est le plus haut des 4 en tonalité. Le deuxième est un ton montant. Le troisième est descendant puis montant. Et le quatrième est descendant.


la Calligraphie chinoise


Apprendre le Chinois relèverait d'une épreuve a-priori insurmontable. Heureusement deux éléments interviennent pour simplifier un peu la tache:

- les très nombreux (50.000 !) sinogrammes s'écrivent à l'aide de seulement 8 traits, pas un de plus.
- on parvient à les classer en 3 grands groupes, le pictogramme, l'ideogramme et l'ideophonogramme.

    le pictogramme est un dessin stylisé de la réalité. Par exemple le pictogramme mu  évoque un arbre et ses branches: il signifie bois. Le pictogramme peut être employé seul ou faire partie d'un sinogramme plus complexe: il devient alors une clé, qui sert à les classer par familles. Pour reprendre l'exemple ci-dessus, les mots liés au bois comprendront en général cette clé. Par exemple shu -un arbre- ou ban  -une planche-.

    l'ideogramme, composé de plusieurs pictogrammes, représente un concept, une idée. Par exemple lin, qui signifie forêt, s'écrit  "plusieurs arbres".

   l'ideophonogramme donne une indication graphique du son. Par exemple se laver les cheveux n'a vraisemblablement aucun rapport avec le bois ou les arbres, mais s'écrit   et se prononce lui aussi mu.


 

 Tous ces sinogrammes se combinent entre eux, s'associent par groupes de 2, 3 ou 4, s'intervertissent ...  pour former ce qui est bien sûr un casse-tête, mais aussi l'une des langues les plus riches du monde!


 

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Quelle que soit la complexité du sinogramme ou le nombre de traits utilisés pour le composer, sa prononciation correspond toujours à une simple syllabe. Par exemple le caractère d'aspect plutôt compliqué  se prononce shan, exactement comme celui-ci  , pourtant visuellement beaucoup plus simple.


De tous temps, ou en tous cas dès le XVIème siècle, les Occidentaux ont cherché à appliquer un système phonétique qui rende compte en écriture romaine de la prononciation chinoise. Il y en a eu plus de 30, tous différents bien sûr, en fonction de la langue et de la manière dont ses inventeurs entendaient les sons. Ce qui a donné des résultats variés pour un même mot. Par exemple, la capitale de la Chine s'est retrouvée s'écrire PEKIN, PEKING, PEICHING OU BEIJING.
    Finalement, les autorités chinoises ont décidé d'un système qui soit la référence pour tous:  le pinyin est devenu depuis la fin des années 50 la transcription officielle. Que l'on soit francophone, anglophone ou quoi que ce soit d'autre, c'est donc le pinyin qui doit être utilisé, même si on trouve encore quelques vestiges des anciens systèmes dans des documents actuels. Vous risquez par exemple de voir le nom du "Grand Timonier" écrit Mao Tse Tung au lieu de l'officiel Mao Zedong. Et vous constaterez que le code de l'aéroport de Beijing est PEK et non pas BEI (c'est le très modeste aéroport de Beica, en Ethiopie, qui en est l'heureux détenteur).

    Les Occidentaux ont parfois un petit peu de mal avec les règles phonétiques imposées par le pinyin, qui a souvent attribué un son inattendu à nos lettres: en pinyin, le B se prononcerait plutôt P, le J plutôt T, le H plutôt R, le G plutôt K, le A plutôt O ... Par exemple la prononciation du mot BEIJING se rapproche phonétiquement plus, pour un francophone, de quelque chose comme "Peï-Tine" que de "Beï-Djing" comme on l'entend parfois à la TV (et qui n'est en fait que la prononciation -incorrecte- du mot en pinyin par un anglophone...).

    Le pinyin a rendu la communication plus facile avec les Occidentaux.  Il facilite en particulier les recherches dans les dictionnaires, annuaires et autres systèmes mondialisés (les villes, les entreprises, les personnes aussi de plus en plus souvent, sont connues à l'extérieur de la Chine sous leur nom en pinyin, tout en gardant dans le pays leur identité).  Au quotidien aussi: pour un étranger ne sachant pas lire le Chinois, la navigation sur les réseaux de transport serait un cauchemar!

    Et surtout, en créant une transcription "occidentale" standardisée au tout début du mouvement de mondialisation qui a vu l'Anglais s'imposer comme langue commune, les Chinois ont renforcé leur propre langue. A l'inverse de bon nombre de pays pour lesquels la langue des affaires, des communications... du progrès en d'autres termes, est l'Anglais; et la langue natale celle du cercle privé, de la tradition. Le Chinois a ainsi pu garder sa place à côté de l'Anglais dans les affaires en Chine et vers l'étranger. 

   

La calligraphie est en Chine un art à part entière, au même titre que la peinture ou la poésie. Elle n'a donc qu'un lointain rapport avec ce que l'on appelle calligraphie en Occident, puisque ce n'est pas une écriture enjolivée. Elle a pour but de donner vie à un caractère qui, comme un système autonome, a ses propres règles d'agencement, d'harmonie et d'équilibre, même si la personnalité du calligraphe apparaît en retour.

 Elle en diffère aussi totalement par le matériel utilisé (des pinceaux de différentes tailles et textures, des bâtons d'encre et une pierre à encre pour les diluer, du papier spécifique) qui l'apparenterait plus à la peinture qu'à l'écriture.


Le caractère s'inscrit dans un carré virtuel, quelle que soit sa forme et le nombre de traits qui le composent. Les plus simples comportent un seul trait, mais les plus complexes atteignent le nombre respectable de 36 traits différents pour un seul caractère.


Un caractère est un agencement à partir de traits élémentaires (au nombre de 8 en tout et pour tout), qui doivent être tracés selon un ordre précis et immuable:
- l'horizontal avant le vertical,
- le haut avant le bas,
- la gauche avant la droite,
- l'extérieur avant l'intérieur
- s'il y a un "cadre", le remplir avant de le fermer,
- s'il y a un axe de symétrie, le trait médian d'abord, puis la gauche, puis la droite,
- le point -qui est l'un des 8 traits fondamentaux- se trace en dernier.


Ces règles très strictes n'empêchent pas que plusieurs styles puissent s'exprimer: le style régulier, le style cursif et le style d'herbe (du plus "lisible" au plus "interprétatif") chaque style demeurant toutefois strictement codifié.

 
A tout cela se rajoute le rythme, dû à la pression exercée sur le pinceau et à la vitesse de réalisation du tracé. Dans la calligraphie se retrouvent les concepts essentiels de la pensée dialectique chinoise d'union des contraires: vide/plein, noir/blanc, dense/ténu, droit/courbe ... yin/yang.


Et lorsque l'on sait qu'en calligraphie, le vide est souvent plus important que le plein, le non-tracé plus que le tracé ... !


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